jeudi 12 juin 2008

Autres temps, Autres morts...

C'est une bien étrange caravane qui s'est arrêtée à Lyon...
Pascal Bernardin, producteur d'expositions happening, à cette fois-ci, avec son exposition:
"Our Body", frappé un grand coup et bouleversé dans tous les sens du mot, le petit monde des musées.

Refusée à la Cité des Sciences de Paris, porte de la Villette, par un comité des sages, immédiatement considérés par les uns comme d'immondes censeurs et par les autres, comme des gens bienveillants, c'est à Lyon que s'est finalement arrêtée une exposition exceptionnelle, à tous points de vue.

Nous passerons, si vous le voulez bien, sur les nombreuses polémiques que peut susciter l'exposition de tout ou partie d'un corps humain à la fois nu et mort, pour nous concentrer sur les deux aspects positifs s'il en est, d'un tel évènement:

1) Le caractère exceptionnel et indéniable d'un point de vue anatomique, du procédé de polymérisation tant intérieur qu'extérieur, des corps humains dont l'intérêt, au seul titre de la connaissance , ne peut être démenti.

2) L'extrême précision dans la décomposition des parties de notre corps, donc de nous-mêmes, qui sont présentées, -mises en scène- avec tant de fraîcheur, même si le terme paraît déplacé, qu'on croirait que les sujets livrés à nos regards ont été privés de la vie quelques instants auparavant.

Non, ce qui gêne dans cette affaire, n'est pas le fond, mais la forme, ou plus précisément les formes, et les postures sous lesquelles sont présentés nos frères, puisque, faut il le rappeler, il s'agit de corps humains mis en scène et en situation dans des postures "artistiques" et donc par voie de conséquence, perçues comme outrageantes, amusantes, choquantes, intéressantes, selon la sensibilité des visiteurs et commentateurs qui, bien évidemment n'ont pas tous, on s'en doute, le même avis sur la question....


En attendant, et comme toujours, je ne fais aucun commentaire, et vous laisse libre de vos sentiments sur cette opération : " à corps ouvert" .

Sachez cependant qu'à Lyon, et jusqu'au 3 Août, les cadavres ne portent pas de costards !

Christophe de Cagny