jeudi 5 novembre 2009

Un grand pas pour l'homme...

Le jeune soldat jette un regard de droite à gauche afin de s'assurer qu'aucun gradé ne l'observe, et s'arrête....
Fouillant dans sa poche, il en tire un morceau de papier déjà jaunit, et lit l'ordre de mission griffonné par son sergent chef, en ce matin du 15 Août 1961:
- " Sentinelle en observation et faction à l'angle de la Ruppiner Strasse et de la Bernauer Strasse.
Et c'était tout ... Pour le reste : débrouille-toi," lui avait dit l'Officier en s'éloignant.

Tout en reprenant sa marche de long en large, Hans se remémorait la Grande Allemagne, qu'il n'avait pas connu, mais que les vieux lui racontaient parfois, dans la relative chaleur des maisons encore debout, une fois la nuit tombée, loin des oreilles de l'occupant.

Une Allemagne réunifiée, chantant haut et fort, avec ces jeunes hommes réunis par millions, sous les Swasiska et les étandards déployés et brandis par des centaines de milliers de bras, sous les cris et les hurlements des foules en liesse, ivres de joie, communiant et jurant tous fidélité jusqu'à la mort au chef suprême, lequel leur avait promis un le Grand Reich pour mille ans.


Hans Conrad Schumann nait en 1942, au printemps, le soleil brille alors sur la grande Allemagne tandis que le Bourgmestre est passé par la maison remettre à sa mère la triste nouvelle : le père d' HANS est mort, à la fin de l'hiver, cloué comme des milliers d'autres aux portes de Moscou.


Que dire et que se rapeller, lorsque l'on a cinq ans et que c'est au tour des soldats de Moscou de venir chez vous ? Peut-être les cris d'une mère que l'on entraîne de force, vers l'étable, tandis que les soldats vainqueurs attendent leur tour en riant...

Peût-être aussi se souvient il, Conrad, des soupes aux choux sans viandes, puis sans choux ?

Elle s'en va vite l'enfance, et puis l'oubli, seul issue possible d'une révolte d'adolescente morte avant d'être née. Il a bientôt vingt ans Conrad lorsque, dans une Allemagne perdue, liquéfiée, sans hommes, une patrie d'adolescents, il n'a pas de famille, pas de travail, pas d'avenir, alors il s'engage dans la police militaire, semblant d'armée d'Allemagne de l'Est, soldat d'une miette de l'ancien Reich, pour servir à Berlin, ville où survivent 4 millions de fantômes qu'encadrent les quatre des puissances militaires des pays qui l'ont vaincue.

Et le voici donc Hans Conrad Schumann, Bereitschaftpolizei, pauvre petit vapo, comme on apelle alors ces jeunes soldats à la solde bien maigre, de Moscou.


Le 13 Août 1961, en pleine nuit, Hans avait été réveillé en pleine nuit, au son du clairon, les Russes ont amenés des milliers de kilomètres de fil de fers barbelés, déjà rouillés, comme ceux sur lesquels son père était venu mourir là-bas, loin de lui.... vingt ans plus tôt, vingt ans déjà....

Le lendemain, le 14 Août, Berlin est effectivement divisée en deux : d'Est en Ouest, puis le 15 Août, les Russes ont élevés les premiers éléments d'un grand mur de béton, lequel progresse et remplace peu à peu les barbelés déployés deux jours plus tôt...

Hans a maintenant dix neuf ans.... Dix neuf ans à Berlin Est, dix neuf ans sans présent, sans passé, sans avenir, dix neuf ans en unifiorme, à l'angle de la Ruppiner Strasse et de la Bernauer Strasse, pour une poignée de reichmarks dévalués..... dix neuf ans et soldat volontaire pour servir à Berlin....

Servir quoi, servir qui....?

Peu à peu la rue s'anime, du côté Américain, on crie, les enfants jouent, des véhicules vont et viennent, emportant avec eux les rires des enfants, qui quelquefois, le prenant pour un Russe, lui jette des pierres...

Soudain, d'un appartement situé à l'Est, non loin du carrefour où se trouve Hans, une vieille femme se jette par la fenêtre ! C'est la seule issue qu'elle a trouvée pour fuir les ruines d'un pays qui n'existe plus .... Des passants, côté Américain s'élancent et courrent à sa rescousse... Et la tire jusqu'au secteur Ouest.....Elle est grièvement blessée....

Côté soldats, tant à l'Est qu'à l'Ouest, personne n'a bougé ! Les civils semblent faire ce qu'ils veulent.....

La vieille femme est passée à l'Ouest, c'en est presque incroyable ! Mais avec ce mur qui en moins de trois jours, a séparé la ville en deux, ce ne sera bientôt plus possible : seuls quelques secteurs conservent encore leurs failles... Des secteurs comme celui que surveille Hans ....

Mais Hans, lui, qui le surveille ?

Hans Conrad Schumann Hans Conrad Schumann a soudain envie de pleurer....
Il torune le dos au barbelés, fait quelques pas encore, se retourne, et s'élance .... Le pas de ses lourdes bottes martelent le pavé, d'un geste, il détache le harnais de son fusil, qu'il laisse tomber en l'accompagnant au sol de la main, puis il court Hans Conrad Schumann, il court vers les barbelés, quand soudain surgit de nulle part : un photographe !!! Tant, pis, trop tard, Hans bondit et retombe de l'autre côté des barbelés .....

"clic" fait le Leica du photographe en immortalisant à jamais le saut vers la liberté !
Le photographe entre dans l'histoire, alors qu'Hans sort de Berlin: Peter Leibing, c'est son nom, obtiendra le prix international de la meilleure photo pour l'année 1961....


"KLAK" font les bottes du soldat en retombant au sol..... Premier pas vers la liberté.

Une fois au sol : où aller .....Tout va alors très vite : une jeep de l'armée américaine surgit et un sergent hurle : -"Hey German ! Come on ! Quick ! "
Hans saute dans la jeep qui roule à présent à tombeau ouvert à travers Berlin, à travers Berlin Ouest...

Le sergent sort un packet de cigarette de son battle-dress et hilare lui dit : So, German, what's your name? "-Ich bin Hans Conrad Schumann répond l'Allemand....."

L'histoire retiendra son nom, mais pas son histoire....

Car Hans obtient rapidement le droit de voyager à travers l'Allemagne de l'Ouest, on lui fournit des papiers, une légitimité, mais peut-on réecrire l'histoire ?

Hans se marie avec celle qui devient madame Cunégonde Schumann -celà ne s'invente pas -
Ils vivent un temps à Gunzbourg, ville d'où est native son épouse.

Les années passent, Hans semble heureux loin de la RDA, sa terre natale....
Mais la nostalgie du sol est la plus forte.... Aussi lorsqu'en 1989, le mur de la honte tombe, et qu'avec lui disparaissent, du moins le croie-t-on, les ultimes cicatrices de la seconde guerre mondiale, Hans Conrad Schumann retourne à l'Est, en haute Bavière.

Son départ de Günzburg est fêté par la presse locale qui l'interroge et apprend avec stupeur qu'il ne s'est jamais vraiment senti libre avant la chute du mur ......

Il s'installe à Kipfenberg, la petite ville qui l'a vu naître, le berceau de sa famille, retour aux sources après 30 années passées à l'Ouest....

Et contre toute attente, ces Allemands, ces compatriotes de l'Est, ces cousins, ses oncles et tantes qu'il retrouve croie-t-il avec bonheur, ces quelques rares amis, voisins, frères de race, demeurés à l'Est, le rejette, et le traite en étranger....

Que se passe t il alors dans la tête d'Hans Conrad ? Est-ce la goutte d' inhumanité qui fît alors déborder cette vie dévorée par la guerre...?

Alors que le monde entier fête la chute du mur de la honte, alors que tous les Allemands sont désormais réunis, il se retrouve, lui, qui, 30 ans avant les autres a fait le premier pas vers la liberté, rejetté par ses frères, qui lui font ressentir que peut être, il sera à jamais étanger quelque part....

Alors Hans Conrad Schumann s'en va a petits pas à travers son verger, et c'est sur sa bonne vieille terre près d'Oberemendorf, non loin de son village natal de Kipfenberg, qu'il se donne la mort par pendaison le 20 Juin 1998.

Hans Conrad Shumann, le soldat qui avait choisi l'Ouest et la liberté, pensait peut être qu'il était déja mort, le jour de sa naissance, un printemps de Mars 1942.

Christophe de Cagny




Olga Segler : la femme qui se jette par sa fenêtre Peter Leibing qui immortalisa Hans Conrad
pour rejoindre l'Ouest en 1961 Conrad Schumann dans les années 90


dimanche 15 mars 2009

22 rouge, impair et passe ...

L'aube qui se lève sur les Champs-Elysées est triste et froide, lorsqu'un cabriolet traction gris perle descend l'avenue endormie en vire d'un coup sec dans l'avenue Georges Clémenceau, pour stopper brusquement au pied des marches du Grand Palais.

L'homme qui sort de ce bolide flambant neuf en remontant son col, regarde un instant autour de lui, puis grimpe quatre à quatre l'escalier principal qui le sépare de l'accès à la grande nef.


Arrivé à l'entrée, un gardien fait quelques pas vers lui afin de s'enquérir de l'identité du visiteur, mais presqu'aussitôt y renonce après l'avoir dévisagé.

Sous la nef, des centaines d'ouvriers s'affairent autour d'automobiles rutilantes, et tous saluent bien bas le visiteur au col de fourrure, qui arpente les allées en direction du plus grand stand de l'exposition....

Contemplant les pancartes peintes à la main, que les meccanos achèvent de positionner du haut de la nef, L'homme promène son regard sur les innombrables enseignes qui se disputent l'espace demeuré disponible au dessus des stands: Englebert, Delage, Voisin, Hispano, Packard, Delahaye, Panhard, Bugatti....

Plusieurs hommes en complet veston, ont rejoint en silence l'homme au col de fourrure et se tiennent derrière lui, n'osant interrompre le fil de ses pensées...

Cet homme que chacun regarde et salue avec respect tient en haleine le monde de l'automobile depuis des années, cet homme qu' Henry Ford lui-même tient pour un génie, c'est André Citroën...

Et pourtant, en cette aube du 4 Octobre 1934, André Citroën a l'esprit ailleurs....
Ses finances sont au plus mal, ses banquiers vont, d'ici quelques jours, lui refuser toute nouvelle augmentation de crédit et ce salon de l'automobile, qui s'apprète à ouvrir ses portes au public à déjà quelque chose d'un champ du cygne....

Alors qu'un haut-parleur indique l'arrivée des premiers visiteurs, le hall s'emplit peu à peu du brouhaha de la foule où se mêlent curieux, badauds, ouvriers et bourgeois, tous unis, en cette fin d'année 1934, vers le rève désormais accessible, que représente pour chacun d'entre eux, la possession d'une automobile.

Déjà la foule se presse particulièrement autour du stand Citroën où un splendide cabriolet rouge tranche, au regard des coloris de l'époque, parmi les gris anthracites et les noirs qui se multiplient au détour des allées...

Devant un parterre de visiteurs ébahis, sont exposés trois modèles de traction avant "22" cv...
Il ne s'agit pas de prototypes, mais bien de véhicules de pré-série, dont les moteurs sont visibles, capots levés, au gré des demandes de visiteurs toujours plus curieux...

André Citroën se frotte les mains : cette nouvelle gamme de tractions avant proposée à des prix de 30% à 50% en dessous des tarifs de l'époque, va à n'en pas douter permettre à l'Usine du Quai de Javel, de voir l'avenir en rose....

Avec un moteur V8 de 3800 cc, des performances de 145 kms /heure... en 1934...

Cinq versions allant de la limousine six glaces au cabriolet, en passant par un coupé exposé dans le même temps dans le hall d'exposition que possède la marque, place de l'Europe, Citroën a renoué une fois encore avec son rôle avant-gardiste, qui lui fait occuper le devant de la scène automobile depuis 1918...

Alors que les photographes du Figaro et de l'Intran, l'oeil rivé à leurs appareils , fixent pour l'éternité ces voitures de légende, André Citroën sourit à l'objectif: Dans moins de deux mois, ses usines seront mises en liquidation, dans moins d'un an, il sera mort...

Derrière lui, ultimes vestiges d'une aventure industrielle hors normes,se tiennent des automobiles qui, construites au nombre de 14 exemplaires, vont se perdre quasiment toutes, à tel point que certains douteront même un temps de leur réelle, mais brêve existence....

Mais qu'importe tout celà...

En contemplant la foule immense qui se presse tout autour des chromes de ses tractions avant "22" en ce 4 Octobre 1934, André Citrën est un homme heureux...

dimanche 22 février 2009

Voir Venise et naître...

Tout n'est que silence dans la maisonnée, lorsqu'un cri strident retentit... C'est la femme de Bernardo. Ce dernier, surpris, se lève en hurlant à son tour, s'en va réveiller la bonne qui tout aussi surprise, crie plus fort encore, de telle sorte que les cris de l'épouse à la sage femme sont couverts amplement à mesure que les nouveaux arrivants se croisent, se heurent, et s'invectivent, tous semblant sortir tout droit d'un acte de la commedia dellarte ...

Bernardo, aidé des domestiques, repoussent à l'extérieur les volets de la chambre lorsque retentissent dans la pièce d'à coté, les premiers cris du nouveau né... C'est un garçon !

La sage femme franchit le seuil l'air las, mais souriant, et tout en rassemblant ses maigres effets dans un lourd sac de cuir de Cordoue, demande:

" - Eh bien Maître Canal, comment se nommera ce noble et nouvel habitant de notre belle cité ?

Sans se retourner, le maître des lieux, relève les statuettes de pierre qui, de gauche à droite retiennent les volets plaqués au mur, et, contemplant la lagune, demande sans se retourner:

- Quel jour sommes nous, sage femme ?
- Nous sommes le 7 Octobre de l'an de grâce 1697 répond la matronne , et c'est la Saint Jean.....

L'air grave, et sans avoir demandé une seule fois des nouvelles de son épouse, le maître de céans continue de contempler cette pâle journée d'Octobre où la cité des doges semble s'être figée dans l'entrée de l'hiver....

Puisque Dieu l'a fait naître en ce jour de Saint Jean d'hiver, nous l'appellerons Giovanni, puis en mémoire de mon pauvre père, nous l'appellerons Antonio...
Giovanni Antonio Canal...

Grimpant avec précaution dans la gondole, qui déjà s'avance lentement, alors que le jour se lève sur Venise endormie, la matrone n'est pas certaine que l'enfant puisse parvenir jusqu'au lendemain tant elle l'a trouvé chétif et malingre... Pesant quatre livres, tout au plus, quelle chance a t il de passer l'hiver ici, dans la cité lacustre, au bord de l'Adriatique, dont les eaux froides viennent chaque année creuser un peu plus les fondations des vieux palais....

Au fur et à mesure que le gondolier manie avec prudence, la gaffe le long des canaux séculaires, la sage femme s'attendait à connaître promptement de fatales nouvelles du palais du signor Bernardo, - maître décorateur des théatres de Venise - qui en cette Saint Jean d'hiver 1697, venait de recevoir un fils des mains de Dieu, mais aussi du ventre de son épouse, avec le concours d'une vieille sage femme.

Mais la vieille matronne se trompait...
Le petit Antonio Canal se remit peu à peu d'une naissance prématurée, et tout doucement fît ses premiers pas au rythme de la cité lacustre...
Dès que l'enfant fût en âge de marcher, le père le prît souvent à ses côtés pour l'emmener dans les nombreux théatres où lui et ses aides officiaient aux décors....

Ainsi l'enfant fût il éveillé aux tempo des couleurs et bercé aux effluves des huiles et des essences.

Très vite, il présenta un gôut certain pour les esquisses, qu'il entreprit dès son plus jeune âge entre deux parties de billes sur le campo du rio dei mandicanti, ainsi nommé parce que foule de mendiants s'y rassemblaient pour demander la charité, mais aussi pour y écouler une marchandise quelque peu puisée au hasard des poches de vénitiens trop confiants....

Et bercé par les courses pieds nus sur les carreaux réguliers du campo dei Rialto, mais rentrant toujours à l'heure à la maison, près du palais Mosto, sur la rive gauche du canal grande.
A cette époque, ses petits camarades surnomment l'enfant: le petit Canal: "canaletto"....
mais il n'en a cure, et préfère les bras de sa mère, qui ne l'apelle que Giannino...

De décors en esquisses il s'aventure sur la piazza San Marco, afin de tenter d'attirer à lui une clientèle plus illustre que celles des piazetta et des campo, armé d'un petit chevalet, il achève de mémoire" l'entrée de l'arsenal", dont il a longtemps admiré les allers et venues lorsqu'il était enfant......

Une fois l'oeuvre achevée, voila qu'il se met à pleuvoir...

Vite un abri! Mais il lui faut encore signer.....

Passe un marchand de vin, qui roulant ses fûts, qui lui crie :
" Va t'en vite t'abriter, "Canaletto"

Ainsi fût dit, ainsi fût fait, murmure t il en signant sur les huiles à peine sèches...
" - à compter de ce jour, je m'appelle: Antonio Canaletto"- .

lundi 1 décembre 2008

Le dernier des Nababs

Paris, 1983 , avenue Montaigne...

J'ai rendez-vous rue Cognacq-Jay, avec Jean-Claude Bourret.
Je trouve pratique de garer ma voiture dans la contre-allée de l'avenue Montaigne, où subsistent encore à l'époque, quelques places libres et gratuites, en plus de certains bateaux d'hôtels particuliers inoccupés autant que fastueux.

Lorsque de retour, je m'apprête à reprendre mon véhicule, une carte de visite est clipée sur l'essuie-glace : un nom de société civile qui ne me dit rien du tout et un numéro de téléphone, avec une phrase terminée ainsi : " contactez-moi"

Je fourre la carte dans ma poche rentre chez moi.
La trop grande diversité de ma garde-robe, fait que je ne ferai les poches de ce blouson qu'un an plus tard.... Courant 1984, je choisis ce blouson et retrouve la carte, intacte.

C'est ainsi qu'à travers une discrète société civile immobilière, je rentre au service d'Adnan Mohamed Khashoggi, le multimilliardaire saoudien connu à l'époque du tout-Paris, excepté moi.

Je vais alors connaître, plusieurs années durant, le faste du holding financier le plus important du monde Arabe, et de la plus grosse fortune de la décennie.

Car Adnan Khashoggi, c'est du lourd, comme disent les journalistes en quête d'audience...
A.K, comme le nomment les financiers, fait ressembler Bernard Arnault à un garçon de course, et Vincent Bolloré à un stagiaire à la recherche d'un ticket de métro.

Lorsque les deux sus-cités rèvent encore à l'acquisition d'un Falcon-Mystère 50 à leurs couleurs, Khashoggi possède déjà à titre privé, deux 747 et lorsque François Mitterrand s'assoupit dans les avions du Glam sur sa petite couchette, Khashoggi se repose sur son water bed de 2 mètres sur 2 installé dans une des suites de son jumbo-jet .

Le second appareil sert uniquement à détourner les curieux des véritables destinations de voyage du boss, voire à véhiculer une famille turbulente.

Ses secrétaires particuliers sont des inconnus d'alors, tels Mohamed Al-Fayed et Akram Ojjeh !!
Enfin, ses participations financières font de lui l'actionnaire incontournable de sociétés comme le Lloys de Londres, Union Carbide, Bank of América pour n'en citer que quelques unes...

Trois Rolls Royce occupent les places du parking en marbre de l'hôtel particulier de 2.400 mètres carrés de l'avenue Montaigne.

19 autres résidences du même acabit sont disséminées à travers le monde, dont un petit 5.400 m2 sur la cinquième avenue de New-York!
Son yacht de 93 mètres, le Nabila, est mis à disposition du producteur du film James Bond : "Jamais plus Jamais "

Les partenaires financiers ne sont pas des hommes, mais des états, et encore, pas tous !
Deux présidents de la république française, seront à tour de rôle, diplomatiquement éconduits dans leur recherche de partenariat avec le nabab pour qui l'on inventera le mot backhish.

Bref, l'homme qui touche des commissions de la part de sociétés comme Avions Marcel Dassault,
Elf-Aquitaine, ou Lockeed Aircraft, parfois à hauteur de 100 millions de dollars par versement, et qui dans les années 70/80, fait l'acquisition d'un immeuble parisien proche du sien pour entre
poser valises et gardes-robes, c'est Adnan Mohamed Khashoggi.

Son biographe écrira qu'Adnan Khashoggi, c'était le bon homme au bon endroit et au bon moment...
A mes yeux, ce fût d'abord mon tout premier employeur, mais surtout le dernier des nabab !

Christophe de Cagny

mercredi 3 septembre 2008

La parole de Juda, ou 300.000 dollars au soleil

1969... Quatre heures trente du matin, au Nord-Est de l'ancien cimetière d'Al-Manya.

Ils sont quatre, peut-être cinq.... Leur marche est silencieuse à mesure qu'ils pénètrent dans l'une des innombrables grottes qui bordent la vallée.

Une fois à l'intérieur, on rampe, on glisse, on creuse, et toujours, sous la lueur de la lampe, tenue par l'enfant, qui jamais mot ne dira, on écoute....
La différence de résonance des coups de barres de fer que l'on donne cà et là... Et celà dure des heures, parfois des nuits, jusqu'à cette veille de Noël 1969.... où la résonance est extrême...

Oui, il y a bien quelque chose à cet endroit..... Mais il est tard, trop tard, en tout cas pour cette nuit.

Alors on rebrousse chemin...
il n'est jamais trop tard,
l'on reviendra demain...

Car le temps travaille pour eux.... Puisque dans cette famille d'éleveurs de chèvres, on est depuis des temps antiques, pères de familles nombreuses le jour, et pilleurs de tombes la nuit.

Aussi, dès que vient a nuit d'après, c'est en plus grand nombre, que l'on procède au percement de l'excavation... un simple trou d'homme, une torchère jetée, puis la pierre que l'on lache en faisant compter l'enfant....

Un...deux...trois...quatre.... à quinze, le bruit s'arrête, et tous sont livides et frappés d'étonnement, car si les comptes de l'enfant sont justes, c'est de plus de 200 mètres d'à-pic qui se trouvent sous leurs pieds....

Alors on lance les cordes, et après avoir invoqué Dieu, ce qui peut paraître risible, lorsque l'on s'apprête à piller un tombeau, on agrippe le cordage de ses deux mains et l'on se lance dans le vide en fermant les yeux....

En bas, catastrophe : des milliers de débris d'objets en terre cuite jonchent le sol : la tombe a déjà été "visitée" depuis des centaines d'années, s'il faut en croire la poussière et le sable qui recouvrent les divers objets abandonnées par les profanateurs....

Ahmed est déçu, lorsque soudain, à la lueur des torches, il aperçoit une stèle de pierre enchassée dans le roc... Il la sonde...Elle sonne creux... Un coup de pioche, puis deux...

Apparaît alors une reliure de lin contenant d'anciens papyrus dont certains morceaux effrités rejoignent à terre les ossements de leur propriétaire...

C'est un Codex, illisible pour cette pauvre famille de pillards, mais monnayable sur le marché du Caire....

Alors, vite, on remonte les cordes et les gens et, telle une horde de fantômes, ces hommes dévalent les pentes d'Al-Manya, et disparaîssent dans la nuit...
Le plus agé d'entre les voleurs porte sous le bras un sac de lin dont s'échappe encore peut-être une histoire vieille de deux mille ans...

1983 : Le Caire... Une échoppe d'antiquités de grand prix, destinés à de riches étrangers...

Un marchand d'art Egyptien du nom d'Hanna, à l'entregent international, repère l'ouvrage parmi de très nombreuses oeuvres d'art égyptiennes dont il soupçonne la provenance innavouable...

Photographies à l'appui, Hanna tente de contacter ses plus fidèles clients américains, et en particulier le professeur Ludwig Koenen de la Michigan University .

Koenen consulte à son tour, au sein de l'Université, le fameux professeur Kent Brown, de la Brigham Young University.


Ce dernier, spécialiste du Copte antique, reconnait de nombreuses consonnances avec un texte précédemment découvert à Nag Hamadi puis reconnu, et traduit comme étant un texte gnostique : c'est donc très probablement un évangile....

Oui mais voilà : l'université, toute américaine qu'elle est, ne possède pas les centaines de milliers de dollars US demandés pour l'acquisition du Codex...

Soupçonné d'avoir été volé - et pour cause ! - en Egypte, le codex s'envole pour New York, où il demeurera caché plus de quinze ans dans une banque....
Là, laissé à une atmosphère dépourvue de toute humidité, le Codex commença de tomber en poussière...

Hanna disparût, pour refaire surface en 2000, où dans le cadre d'une tractation privée, l'épouse de l' amateur d'art Tchacos : Frieda Nussberger-Tchacos, fît enfin l'acquisition du désormais célèbre Codex Tchacos moyennant la somme de 300.000 dollars US .

Cette authentique amatrice d'art, se résolu à ne pas laisser l'oeuvre plus longtemps dans un tel état de décrépitude et, courant 2001, en fît don à la fondation Maécénas pour l'art ancien, qui en entreprît la restauration.

Une autre femme s'imposa naturellement en la personne de Florence Darbre, laquelle acquis une renommée mondiale pour la qualité remarquable de ses restaurations de nombreux ouvrages en papyrus menacés d'une totale destruction.

Sous le patronage du fameux National Géographic, Florence se mît au travail. Mais le National eut une autre initiative : pourquoi ne pas profiter du long temps passé à effeuiller l'ouvrage pour tenter de le traduire, même sommairement ?

Et c'est ainsi que la National Géographic Sociéty, propriétaire du magazine bien connu, engagea les deux plus fameux traducteurs de Copte ancien, messieurs Rodolphe Kasser et Grégor Wurst qui se mirent à l'ouvrage - si l'on peut dire -

Et là, surprise : il s'agit bien d'un codex, recueil antique d'écritures saintes.

Ecrit en Copte, dans un dialecte probablement Sahidique, il présente non pas un simple récit, mais bien un authentique évangile de Juda.....
Vieux de dix sept siècles !!!

Un évangile, selon Juda, qui bien que troublant pour de nombreux Chrétiens, n'en est pas moins un historique et indiscutable témoignage écrit des évangiles et donc de la parole de Dieu, telle qu'on l' entendait voici deux mille ans..

Christophe de Cagny

Il est à présent possible de connaître la traduction du Copte ancien en anglais, et de visualiser à la loupe l'intégralité des pages du Codex Tchacos, sur le site du National Géographic Institute, que je remercie au passage pour leur précieux concours.

http://www.nationalgeographic.com/lostgospel/document.html

mardi 2 septembre 2008

Léonard de Vinci ou l'empreinte...du génie


Nous sommes dans une ruelle sans âge du village Cévenol de Laroque.

Lors d'un vide-grenier, trois camarades déambulent sous un soleil de plomb lorsque la fraîcheur de l'échoppe d'un brocanteur attire nos passionnés . L'un d'entre eux, ébéniste de profession déniche un vieux tableau, en plutôt fort mauvais état.

Ci dessus: madone de Laroque

Il s'agit d'une peinture de madone avec enfant, peinte sur bois, aux teintes très délavées, et sales de surcroît.
Nos amis en font l'acquisition pour un prix assez élevé pour un tableau dans cet état : 230 €.

François Leclerc, l'ébéniste de la bande, se dit interdit par le caractère quelque peu sacré de l'oeuvre, et décide de le faire nettoyer...

Le nettoyage, effectué dans les règles de l'art, laisse apparaître une peinture sur bois de peuplier, aux dimensions de 48 x 59 cm, et représente une Vierge à l'enfant aux côtés de Jean-Baptiste.

Plus nos trois amateurs d'art vont dans le temps, plus leur peinture leur semble posséder un caractère quelque peu "sacré".
Nous sommes alors courant 2000...

Des amis, à qui l'on fait admirer la peinture, s'emballent et y trouvent quelque chose du grand Léonard...

Des années passent...
De conseils en hypothèses, les idées et rèves de grandeur font leur chemin : et si c'était vrai ???
Si Léonard de Vinci avait même juste, allez... crayonné sur la toile...


Combien de dizaine de milliers, de centaines de milliers, de millions d'€uros vaudrait elle, celle que tout le monde ou presque, surnome déjà la madone de Laroque ?...

-"Pensez, mon bon monsieur que c'est là-bas qu'on l'a découverte"....

Alors, en 2005, c'est décidé, l'on s'offre un expert, et pas n'importe lequel : un éminent expert de l'histoire de l'art...

Cette experte, c'est Maïke Vogt-Lüerssen, spécialiste du symbolisme à l'échelle des maîtres florentins, qui va prudemment attribuer l'oeuvre à "l'atelier de Vinci" autrement dit au maître ou à l'un de ses disciples.

Mieux, la spécialiste pense reconnaître dans les traits de la madone, Isabelle d'Aragon, fille du Roi de Naples, peinte en compagnie de ses deux enfants.

Maïke Vogt-Lüerssen date la toile aux alentours de 1500, ce que confirmera courant 2006, une expertise du CNRS dirigée par le professeur Jacques Lemaire.

Cette interressante expertise, appuyée par une datation au carbone 14, confirmera la correspondance des dates avec celles d'autres oeuvres attribuées au grand Léonard, mais aussi la présence d'une fine toile de lin sur le support bois, comme avait l'habitude de procéder le maître.

L'analyse plus poussée des pigments confirmera géographiquement leur provenance florentine ainsi que le bon rapport en terme de datation.

Nos amis ne souhaitent pas en rester là : il se trouve en Italie un expert de renommée mondiale : Alessandro Vezzosi, lequel travaille en collaboration avec le professeur Luiggi Capasso de la prestigieuse université de Rome et là : miracle à l'Italienne, une ou plusieurs fractions d'empreinte(s) pas de doigts, mais de paumes, ont été découvertes...

Il ne reste plus qu'à les faire analyser par le service scientifique de la police de Milan, qui est la seule en Europe, à disposer d'un logiciel où sont déjà repertoriées près de 200 empreintes relevées sur les oeuvres, cahiers esquisses et peintures, de Léonard de Vinci.

Ce devait être fait courant Juin 2008, mais l'élaboration du logiciel comparateur des empreintes attribuées au maître doit être ré-écrit en fonctions des empreintes numérisées receuillies sur l'oeuvre désormais connue sous le nom de "madone de Laroque"....


Alors ?
Est-ce l'une des trois vierges à l'enfant disparues dont parle l'histoire de Léonard de Vinci, ou bien l'oeuvre commune des disciples de son atelier, ou seulement une peinture de l'école florentine, qui, alors agée d'au moins 600 ans d'histoire, est désormais et quelque soit l'issue des ultimes analyses, une authentique...oeuvre d'art.

Christophe de Cagny


Peintures ci-dessus reproduites et par ordre d'apparition à l écran:
- madone de Laroque
- vierge au rocher
- madone Ste Anne
- madone au fuseau
- madone à l'oeillet
Hormis la madone de Laroque, en cours d'expertise, toutes les oeuvres présentes sur cette page sont certifiées à l'heure actuelle comme d'authentiques Léonard de Vinci.


lundi 1 septembre 2008

Je reviendrai à Montréal...


En route pour un voyage hors du temps....
Fermez les yeux jusqu'à la sortie d'Avallon, puis, Ouvrez les dès l'abandon de l'autoroute A6....

Déjà, les noms des villages, nous plongent dans l'abîme du temps: Cussy-les-Forges, Charbonnière,Maison-Dieu, Sceaux, et enfin, Montréal....

Dès l'entrée du village, par le champ de foire, les dés sont jetés : nous sommes au moyen-âge !

C'est à pied, qu'il est conseillé de se rendre jusqu'en haut du Mont Réal, dit aussi Mont Royal jusqu'à la fin du 17e siècle...

Connu aussi sous le nom de mont Régus à l'époque gallo-romaine, déjà village étape puisque situé sur la voie romaine qui reliait Châlon sur Saône à Lutèce, la présence de nombreux aménagements gallo-romains et les restes d'un probable oppidum sur les hauteurs de la colline, s'explique avant tout par la présence de nombreuses mines de fer issues d'un seul filon, disséminé par la rivière Serein, affluent capricieux de l'Yonne.

Une fois passée l'occupation romaine, le village perdure, grâce à l'utilisation du fer par les Wisigoths .
Et l'activité de la colline va prendre un tournant vers l'an 586, où la puissante Reine Brunehaut qui règne sur l'Austrasie, et la Burgonde, soit la Bourgogne actuelle, va choisir de prendre quelques temps résidence au pied du mont Réal...


Quoiqu'il en soit, des fortifications primaires sont édifiées, qui permettent encore aujourd'hui, du haut de la colline, d'observer simultanément une vingtaine de village alentours.

Prise et mise à sac par les Normands vers 886, la région et son village sont reconquis par Anséric II qui devient sénéchal de Bourgogne, en l'an 1056.


A son retour de la première croisade, devenu Seigneur de Montréal, il décide l'édification de la collégiale de Montréal, ainsi que la construction des fortifications du village tout entier, lequel, idéalement situé au carrefour de trois comtés:

Bourgogne, Champagne et Nevers, bénéficie de son altitude naturelle - près de 300 mètres - pour se positionner comme une place forte d'observation sur le Serein et ses trois vallées.

La ville prospère jusqu'en 1255, date à laquelle Anséric VI tua un chanoine de Montréal au cours d'une rixe, à la suite de quoi, sur intervention de Saint Louis, il est dépossédé de ses biens.

La ville revient aux ducs de Bourgogne, qui en font une prévôté, laquelle va perdurer jusque sous le règne de François Ier, ultime hôte de marque de Montréal dont l'emblème familial, - une salamandre - orne encore de nombreuses maisons du village.

Henri IV, afin d'asseoir sa légitimité sur les Bourguignons, va commander la destruction de la majeure partie des fortifications, devenues ipso-facto inutiles à l'aube de la renaissance.


Montréal va alors peu à peu tomber dans l'oubli, ce qui nous permet aujourd'hui de pouvoir la contempler intacte face aux outrages du temps : pas un ouvrage postérieur au XVIe siècle n'est venu troubler la vue des rares et heureux visiteurs qui peuvent librement flâner à travers le village et ses fortifications, et contempler les maisons, toutes des chefs d'oeuvre de l'ère médiévale.

La somptueuse collégiale romane du XIIe siècle, dont la toiture première est toujours intacte sous la toiture secondaire mise en place au XIXe par Viollet-le-Duc, présente également un exceptionnel pavement de sol, intact et désormais classé, qui offre une succession ininterrompue de tombeaux où reposent encore à même le sol de la collégiale, seigneurs, et prévôts de l'antique cité de Montréal.

A noter qu'un somptueux retable en bois et albatre, du début du XVIe siècle, une chaire, ainsi que la totalité des bancs destinés aux prieurs, complètent le décor de l'abbatiale du plus pur style Roman.

Ne quittez pas Montréal sans prendre à gauche après le champ de foire, où vous attendent les contours sinueux du Serein, dont les crues aussi violentes que soudaines recouvrent parfois plusieurs centaines d'hectares de terre...

Christophe de Cagny

lundi 4 août 2008

Aguirre, ou la colère de Klaus Kinski


Jungle où le baromètre jongle.....
86% d'humidité dans l'air, le lin le plus fin qui vous colle à la peau, tandis que cà et là dans un ciel toujours gris d'immenses chauves souris frôlent cet affluent de l'Amazone qui vous a presque malgré vous amené en terre Iquitos....

Ouvrez bien les yeux, mais fermez la bouche avant que cette toute petite mouche ne pénètre à l'intérieur : Nous sommes en plein coeur des contreforts escarpés du Machu Picchu...

En contrebas, l'Amazone coule et roule une eau épaisse dont la couleur seule fait penser à Colorado river, quand celle-ci sort du Grand Canyon pour aller mourir dans l'océan que l'on dit Pacifique....

Sur l'autre versant de la montagne, le fantôme de l'empereur Manco Capac erre encore dans les ruines d'Altahualpa, maudissant ses deux fils incapables de préserver l'unité de l'empire du soleil.

Fondus au propre comme au figuré dans une jungle où la simple piqure d'un insecte se vit comme la chronique d'une mort annoncée, une poignée d'hommes engoncés dans d'improbables armures déjà rongées au trois quart par la rouille, progressent à travers la jungle .

Nous sommes en l'an de grâce 1560 .
En tête du convoi, un homme s'arrête un instant et d'autorité, stoppe la colonne d'un geste court.
En face d'eux, un serpent géant les défie de ses dix mètres de long.

Personne n'a vu jaillir la lame, et pourtant le serpent n'est plus qu'une masse inerte, un repas pour fourmis géantes, lorsque les hommes encore pétrifiés de peur, tentent de franchir , dans le regard d'Aguirre, le maëlstrom de pensées qui occupent son esprit.

Qui est il ? Erre t il sans but, sans idées, sans chimères, à travers la jungle ou bien, ultime conquistador qui sait parfaitement ce qu'il est et où il va, veut il comme Pizarro, trente ans auparavant, tracer les chemins qui mênent à Eldorado ?

A moins qu' illuminé par la lumière divine, il ne cherche réellement à ce que cette misérable soldatesque parvienne à porter la parole du Christ dans ce pays qui semble oublié de Dieu et des hommes....

Ou bien est-ce tout celà à la fois?

Tout celà, passe et repasse dans le regard d'un homme seul au milieu de tous, dont on devine la colère même lorsqu'il semble calme...

Cet homme pour qui les éléments déchaînés ne sont qu'une perte de temps voire un infime obstacle entre lui et le but qu'il s'est fixé, cet homme est-ce Aguirre, ou bien est-ce l'incarnation de la colère de Dieu ?

Peut être trouverez-vous les réponses à ces questions en allant voir " Aguirre ou la colère de Dieu " de Werner Herzog, dont l'oeuvre restaurée ressort sur grand écran, librement inspirée de la vie de Lope de Aguirre, conquistador espagnol surnommé El Loco - le fou-

En admirant Klaus Kinski dans l'armure d'Aguirre, on ne sait plus qui d'Aguirre ou de Klaus est le plus grand ou le plus fou.....

A moins que celà ne soit les deux à la fois.....
A vous de voir et de revoir Aguirre, ou la colère de Dieu !

Christophe de Cagny

dimanche 29 juin 2008

Christophe de Cagny : sa vie est un roman...

Christophe de Cagny, né le 12 Janvier 1964 à Antony, Hauts de Seine, est un homme d'affaires français.

Originaire de la banlieue Sud de Paris, Christophe de Cagny est repéré par les services sociaux pour ses écrits et poèmes dont les premiers sont rédigés vers l'age de dix ans.

Après des études littéraires, il entre à TF1 comme simple stagiaire aux côtés de Jean-Claude Bourret, alors présentateur vedette du journal de vingt heures.

Promu secrétaire de rédaction, il quitte pourtant la chaîne après une rencontre avec Adnan Mohamed Khashoggi, célèbre homme d'affaires Saoudien.

La légende prétend que l'hôtel particulier de Khashoggi se situait alors à deux pas de la célèbre rue Cognacq-Jay, et que Christophe de Cagny garait fréquemment sa voiture sur l'emplacement réservé aux sorties des limousines d'Adnan Khashoggi, qui l'aurait ainsi remarqué.

S'entourant en France, d'hommes d'affaires inconnus à l'époque, comme Samir Traboulsi, Mohamed Al-Fayed, ou encore Akram Ojjeh, Adnan Khashoggi a cependant besoin pour la France d'hommes aux pédigrées irréprochables afin d'étendre le réseau de ses relations

Rapidement promu fondé de pouvoir, Christophe de Cagny, présente à Khashoggi le jeune Kenzo Takada. Khashoggi , séduit par les dessins du styliste, installe le couturier rue du Faubourg-Saint-Honoré où le prêt de 800 m2 facilite la médiatisation de Kenzo.

Bientôt contraint de quitter la france, Adnan Khashoggi laisse Christophe de Cagny sans ressources, mais pas sans relations. Ces dernières lui vaudront maintes success-stories

Partenaire et apporteur d'affaires auprès de Pascal Jeandet, magnat de l'immobilier parisien aujourd'hui disparu, et possédant ses entrées dans la plus importante étude notariale de Paris, Christophe de Cagny souffle au nez et à la barbe des professionnels, une part importante des échanges immobiliers des beaux quartiers parisiens. Avant le krach de 1990, pressentant la fin de la bulle, Christophe de Cagny se retire et cesse toute activité immobilière.

Puis, vient le tour de la salade en sachet qu'il positionne sur le marché français dès 1988, nouveau produit phare de la grande distribution, et nouveau succès pour l'homme d'affaire qui, devenu directeur commercial, distribue pour le compte d'une puissante coopérative légumière, la 4e gamme, dans toute la france.

En 1991, rachat inattendu pour son propre compte d'une PME de VPC d'agro-fournitures, qu'il revend dès 1996, à un groupe multi-national. Il y demeurera toutefois directeur général salarié, pour le compte du repreneur pendant une durée de deux années.

Courant 1996, à la demande de ses nouveaux employeurs, il crée, de toutes pièces en moins de trois mois, une usine de production d'aluminium, destinée aux vérandas de piscines télescopiques, dont il demeure directeur de site. Puis, quelques mois plus tard, il lance les bases d'une plate-forme d'achat asiatique à même de fournir les autres usines du groupe auquel il est fédéré.

Dès son retour des Etats-Unis en 1998, il persuade Gérard Andréi de faire entrer en bourse sa société productrice de piscines polyester. Amené par de Christophe de Cagny au groupe Arkéon, Gérard Andréi, rebaptisé Groupe GA, fait une entrée remarquable au second marché et devient en quelques années le plus important producteur de piscine au monde devant Desjoyaux.

En 2000, Christophe de Cagny est le seul, lors d'une conférence privée sur l'avenir du prix du pétrole, à prédire devant un parterre composé uniquement de professionnels et avec plusieurs mois d'avance, la montée du baril et le quadruplement de son prix d'alors, autour de 20 USD et à avancer publiquement le chiffre : très supérieur à 80 USD le baril' - sic-


Son mentor, Adnan Khashoggi lui disait souvent: il suffit pour devenir milliardaire d'être juste au bon endroit et au bon moment. Ce à quoi Christophe de Cagny lui répliquait: Je ne cherche pas à devenir milliardaire, je veux juste demeurer visionnaire.Il a en celà toujours parfaitement réussi.

http://www.monsieur-biographie.com/biographies/1343/christophe-de-cagny.php

mardi 24 juin 2008

Les libraires ont leur maître


Nous sommes à Venise, en l'an de grâce 1520...

Dans l'échoppe d'un marchand d'objets précieux se trouve un livre, ou plus exactement un traité de grammaire latine, relié pleine fleur.
Sur la couverture carmine ont été frappées et rehaussées d'ors le nom de son éditeur : Galignani.....

De 1520 à 1757, le nom de Galignani ira de pair avec tout ce que la cité des doges renferme en terme de bibliophiles et d'éditeurs distingués.

Courant 1757, un enfant naît, qui va influer longuement sur l'histoire de cette notable famille, il se prénomme : Giovanni Antonio Galignani.

Ayant comme ses ainés, fait voeu de servir les livres, il grandit dans la cité lacustre alors en plein déclin...

Pour continuer l'oeuvre familiale, il lui faut partir..... La France, terre de culture propice à ce genre d'exil est son tout premier choix.

Mais l'arrivée de la révolution lui fait préférer Londres où il s'installe avec femme et enfants.
Il attendra donc 1801 et l'avènement de Napoléon Ier pour tenir échoppe rue Vivienne, à Paris, où la qualité des oeuvres proposées lui permet rapidement de développer un vaste salon de lecture, ainsi qu'une salle de réunion où le tout Paris se presse et n'a que louanges pour l'atmosphère du lieu.

Seul endroit de France, en ces heures difficiles, où Français et Anglais continuent d'échanger sur des thèmes culturels communs aux deux nations, la librairie Galignani propère et fonde même un journal : le Galignani Messenger : c'est encore un succès !!

Lorsque Giovanni disparaît en 1821, ses deux fils vont brillamment lui succèder. Ce sont eux, qui installeront la désormais célébrissime librairie au 224 de la non moins célèbre rue de Rivoli où se bousculeront à nouveau maintes célébrités de ce que Paris et Londres comptent comme acteurs.

Sans aucune exception, chaque génération de Galignani apportera prospérité à la prestigieuse librairie qui porte leur nom.

Rentrez sans hâte au 224 de la rue de Rivoli, dans le premier arrondissement de Paris, et faîtes un voyage au milieu des fantômes ( invisibles et discrêts ) qui ont hanté ces lieux charges d'histoire(s).

Les parquets et boiseries résonnent encore des pas de Julien Green, Orson Welles, Ernest Emingway, André Malraux, Marlène Dietrich, Louise de Vilmorin et tant d'autres... qui ont sans doute avec regrets laissés la place à de non moins illustres personnalités de notre temps:

Puisque l'on peut y croiser, dans des attitudes détendues et studieuses : Mick Jagger, Edouard Balladur, ou bien encore Karl Lagerfeld....

Si lors de votre visite, il est de coutume de vous laisser vous imprégner de ce lieu si riche de culture et d' histoire(s) sachez que vous n'êtes pas seul : pas moins de 20 libraires, spécialistes et responsables de départements tous très discrets mais toujours à votre écoute, sauront répondre à vos attentes et vous faire partager le caractère incomparable de cette illustre maison où, deux siècles d'expérience n'ont jamais fait oublier la devise du fondateur : chaque client est unique .

Christophe de Cagny


samedi 21 juin 2008

18 Juin 1940 : Naissance d'une radio libre .1.

Je suis né le 18 Juin 1925. Enfant de l’assistance publique, l’Assistance, - comme l’on dit alors-, je suis placé dès mon plus jeune age, chez de braves gens, les époux Boissard.
A l’école du village, personne ne sait. Mes parents adoptifs, que j’ai toujours appelé Papa et Maman, ont pris soin d’emménager après m’avoir soustrait au Prieuré de Quimper, où les Petites Sœurs se sont occupé de moi. Ces quelques mois passés hors des murs de la Musardière, maison où nous emménageons en 1928, n’ont pas marqué ma mémoire.

Pour moi, la vie commence deux années après ma naissance, et démarre en Normandie, plus exactement à Courseulles sur mer, petit port de la cote Normande, niché entre Port en Bessin, et Ouistreham, et qui comme moi, ignore en cette bonne vieille année 1926 que le destin le prendra en croupe pour en faire….mais je m égare et je vais trop vite. !

Or, donc, comme l’on disait autrefois, ma scolarité se passe sans autres histoires, que les coups de pieds au derrière que m’applique l’instituteur, Monsieur Merlot, lorsque je le mérite du fait de ma conduite ou plutôt de l’absence de celle-ci ! Il me revient tant de choses de cette époque passée : les proverbes et adages inscrits chaque jour de ses longs doigts agiles sur le grand tableau noir de l’école, et auxquels parfois nous feignons de nous intéresser mais , curieusement, ils résonnent encore à mes oreilles aujourd’hui : « bien mal acquis ne profite jamais », « un tien vaut mieux que deux : tu l’auras « ou encore : « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », dont vous l’allez voir tout à l’heure, mais…shhhuuutttt.

Revenons à nos moutons, comme disait ce bon Monsieur Merlot, et c’est ainsi, sous sa houlette, et celle de mes parents, que je grandis. Au fait : je ne vous ai pas encore présentés mes parents… mon père, n’est pas tout à fait ce héros au sourire si doux dont parle le poête, et ma mère n’a rien d’une princesse, née dans les carrosses de mon imaginaire, mais lorsque l’on naît d’ou je viens, il n’est pas bon d’en vouloir ou souhaiter davantage. Disons, qu’au vu de mon départ dans la vie, je ne suis pas mal tombé, et qu’en conséquence, je dirais seulement, pour décrire mon père, qu’il est parfois plus épris de boisson que de ma mère, et que celle-ci, est ce que l’on appellerait aujourd’hui une grenouille de bénitier, ce qui n’était pas d’un meilleur accord lorsque l’on est marié à un poissonnier! Ne vous ai-je pas dit que mon père l’est?

En ce temps-là, papa se lève tôt, et ne rentre qu’à la fermeture de la boutique, mais j’ai tout loisir de le voir comme je le veux, notre commerce se trouvant à deux pas de la Musardière, notre maison. Plus tard, Maman m’apprendra que nous n’avons pas toujours demeuré là, et qu’auparavant, nous avons résidé au dessus de la boutique, ce dont je ne me souvenais pas.
Maman quand à elle, partage son temps entre la caisse de notre commerce, et la maison où elle se trouve davantage, du moins les premières années de mon enfance.

Bref, une petite enfance sans histoires, ni avenir, douillettement coincée entre les bocaux de confiture de mûres au papier sulfurisé, et les pots de farine émaillés rouge ou bleu qui ornent alors les cuisines modernes. Enfance sans histoires ni avenir…jusqu’à la rentrée des classes en ce 1er Septembre 1939… Lorsque nous rentrons en classe, Monsieur Merlot est soucieux…

Une grand carte de l’Europe, comme celle qui trône alors derrière les tableaux noirs de chaque salle de nos écoles, est sortie par ses soins...

Soufflant la poussière des vacances, notre professeur nous explique alors que ce matin, l’Allemagne, notre voisin, l’Allemagne, nous dit-il, a déclaré la guerre a la Pologne ! Un lourd silence s’installe dans cette classe où quelques instants plus tôt nous nous apprêtions à vivre une année comme une autre. A cet instant précis, certains d’entre nous, auxquels je ne suis pas sûr d’appartenir alors, comprennent déjà que plus rien ne sera jamais comme avant.

Une fois le silence dissipé, Monsieur Merlot quitte avec un effort dissimulé son air inquiet pour laisser la place à quelques paroles rassurantes : la France et l’Angleterre, alliés historiques de la Pologne vont à n’en pas douter s’opposer à l’Allemagne, la menacer, lui faire entendre raison….

- « La menacer de quoi, m’sieur ? « demande Berluret , qui comme souvent, n’a pas très bien compris … fort heureusement, la cloche sonne la récréation, première de l’année, mais en rassemblant nos affaires dans un silence qui n’a pas cessé, chacun de nous pressent au plus profond, que cette cloche sonne aussi autre chose : elle sonne la fin de notre enfance, et avec le recul, elle sonne encore plus fort la fin d’une époque.

La mienne, en tant qu’enfant mais aussi celle de nations toutes entières, perdues alors dans les affres et les mirages d’espoirs de paix à tout jamais déçus.

Le lendemain matin, la France lance un ordre que je ne comprends pas et qu’un de mes camarades de classe m’expliquera à la récréation du jour suivant : mobilisation générale…
« -Cà veut dire qu’on va bouger demandais-je sans malice. » -« Non, ça veut dire que les soldats se préparent pour la guerre me dit-il. Les soldats…lorsque j’étais plus petit, les soldats pour moi, c’étaient d’autres hommes, des inconnus, lointains… Aujourd’hui, en ce trois septembre 1939 , les soldats, ce sont mon père, et le sien…

à suivre...

vendredi 20 juin 2008

18 Juin 1940 : Naissance d'une radio libre .2.

Les choses de ma vie s’emballent ensuite dans ma mémoire, mais ne s’emballent elles pas aussi cette année là ?
En décembre, les quelques pilotes survivants du bourbier polonais arrivent sur les côtes Anglaises, à quelques dizaines de kilomètres de chez nous…C’est dimanche et aux côtés d’un camarade, je regarde ou plutôt je devine, par beau temps les côtes de l’autre côté de la rivière, comme je disais lorsque j’étais petit. Cette mer où papa continue de ramener du poisson, aux côtés de Monsieur Menavel, l’ancien armateur, qui a dû remettre ses bottes et prendre la place de ses fils sur le chalutier familial, depuis que ceux-ci ont été mobilisés.
Mon père, est réserviste, en raison de son âge, et du mien : les deux fils de Monsieur Ménavel sont des hommes et donc, bons pour le service - la pieuvre- comme dit Monsieur Ménavel.

Voilà…une nouvelle année commence mais qui est , comme vous l’allez voir, la seconde, depuis l’entrée en guerre de l’Angleterre et de la France, mais aussi la dernière de ma vie d’écolier…mais une fois encore, je vais trop vite, à l’instar de ceux qui connaisse déjà la fin de l’histoire…
Nous voici donc rendu en ce début d’année 1940 ! Le maire a convoqué mon père, ainsi que l’ensemble des commerçants de Courseulles, pour une très importante réunion en Mairie.
A son retour, entre deux grognements, il explique à ma mère, que cette fois, c’est cuit :

Le gouvernement vient d’instaurer les tickets de rationnement ! Nous ne vendrons plus le poisson comme papa l’entend, mais les pêches seront contingentées…Mon père est furieux, bien que pour le moment, la Loi ne concerne que les BOF comme on les appelle alors : le lait, le beurre, les œufs, le fromage…selon mon père, la viande et le poisson suivront ensuite.

Février, rien ou presque, ne se passe. Nous oublions que le monde est en guerre, au point qu’en cette fin de mois, tout le monde ou presque se passionne pour la mise à l’eau du paquebot Queen Mary, qui entame sa première traversée de l’Atlantique Nord.
Mars : à Saint Nazaire, plus discrètement , on lance en pleine nuit le cuirassé Jean-Bart.
Nous y allons un dimanche avec mon père, mais on nous en interdit l’accès fermement.

Avril, je découpe des poissons et les mets au dos de ma mère….une dernière farce, tandis que les premiers problèmes se font sentir à Courseulles : beaucoup de nos clients n’achètent plus : les hommes sont moins nombreux et certains n’ont plus de travail. Les autres, le plus souvent des femmes seules, n’achètent plus de poisson, même le vendredi, jour incontournable, dans cette bourgade ancrée depuis toujours dans ses traditions.
Hitler, c’est à présent comme cela qu’on l’appelle, a débarqué en Norvège et au Danemark. Pour nous, l’école continue, et le Danemark est loin…

Le premier Mai 1940 se passe dans une atmosphère pesante, et tandis qu’à Courseulles, chacun semble s’organiser, je remarque des choses troublantes : on fait la queue chez nous pour du poisson séché et des conserves de crustacés, produits habituellement délaissés par mon père. Ma mère continue de gérer son magasin, et passe à la hâte une dernière commande que nous ne recevrons jamais.

Le 10 Mai, les troupes Allemandes envahissent la Belgique.
Le onze, le Luxembourg.
Le 13, le gouvernement Hollandais en exil s’installe à Londres.
Le 14, le sol français n’est plus exempt, et les Allemands entrent par la faille de Sedan.
Peut-être me croyez-vous en train de feuilleter je ne sais quel album d’histoire, mais si je puis, soixante ans après, me rappeler si fidèlement chaque détail, c’est tout simplement grâce à la radio…Eh bien oui : la TSF comme l’on dit alors…
Chaque midi, mon père ferme la boutique et monte déjeuner à la Musardière. Là, ma mère nous attend. Moi, pour mon retour d’école, lui, pour son retour du labeur, comme il dit.
Assis tout deux devant la grande cheminée, lui avec un verre de vin, moi devant un livre des aventures de Becassine et ma Mère devant ses fourneaux, nous attendons l’heure vraie : midi trente, où commence alors les informations quotidiennes.

C’est là, devant ce poste, qu’en dehors des cours prodigués par ce bon Monsieur Merlot, j’ai tout appris, c’est là aussi, que tout s’est joué.
Le 21 Mai, je me le rappelle, c’était l’anniversaire de maman : c’est aussi ce jour là, que je vois mon premier soldat Allemand : je sors de chez la fleuriste, et coupe par la rue traversière qui mène à la plage via la Musardière…alors que je rentre au café, pour demander à Monsieur Bardénave, le propriétaire , s’il veut du poisson pour ses clients, deux Allemands en uniforme de la Wermarcht passèrent la porte avec un naturel qui les aurait fait passer inaperçus s’ils n’avaient parlé Allemand…

Je me rappelle de tout : leur odeur, des couleurs, des bruits, et d’une envie de faire dans ma culotte, que j’en ai encore les larmes aux yeux quand j’y repense aujourd’hui.

Je suis rentré chez moi en courant, et pour la première fois de ma vie, j’ai choisi les bras de mon père à ceux de ma mère. Et c’est à cet instant seulement, que je réalise que si je me suis si longtemps tenu en manque d’affection de mon père, c’est seulement à cause de l’odeur du poisson, qui m’a toujours insupporté. Alors qu’enfant il me prenait tout contre lui, ce qu’il fait encore ce jour là, en me serrant toujours plus fort, jusqu’à ce que, longtemps après, le calme revienne en moi.
- « Les Allemands, les Allemands sont là, « dis-je la voix entrecoupée de sanglots.
- « Je sais, fit mon Père, j’étais en mairie, lorsque les premiers feldwebels sont arrivés…n’ai pas peur, ils ne resteront pas ici, il s’agit d’après le maire, d’une patrouille de parachutistes composés d’adjudants, des éclaireurs chargés de renseigner le gros des troupes sur les mouvements de nos soldats.…me dit alors mon père allant au devant de ma question.

Restons à la maison jusqu’à demain, nous dit il ensuite. Il vaut mieux se montrer prudent.
Nous faisons comme il dit, et l’on ne dort pas très bien à la maison cette nuit là.
En ce 31 Mai 1940, on n’était pas près d’oublier l’anniversaire de maman.

à suivre...

jeudi 19 juin 2008

18 Juin 1940 : Naissance d'une radio libre .3.

Le lendemain, nous nous réveillons occupés. Comme toujours, les rumeurs les plus folles
circulent : des dizaines de milliers de soldats Anglais et Français se sont rassemblés à Rouen, et font mouvement vers Courseulles…comme par hasard ! !…. Il nous faudra moins d’une semaine pour être fixés sur la futilité d’une telle rumeur : après une forte résistance , Rouen tombe sous le joug de l ‘ennemi le 9 Juin 1940.
A Courseulles, nous sommes paralysés : plus personne n’ose plus sortir dans la rue, depuis qu’une patrouille est passée en mairie pour emmener le maire que l’on a plus revu ! Nous avons peur : d’autant que le gouvernement n’est plus : il a quitté Paris pour Bordeaux, - en bon ordre- a dit la radio…Papa a rit nerveusement en entendant ce dernier commentaire .

Le 14 Juin est pour beaucoup de parisiens une date historiquement odieuse : celle de l’entrée des troupes Allemandes dans Paris à présent occupé. Pour moi, c’est le jour de la fin des cours qui se terminent deux semaines avant la date normale, pour cause d’occupation.

Le surlendemain, le 16, papa reprend confiance : la radio a annoncé la prise de pouvoir de Philippe Pétain, Grand Maréchal de France et Héros de Verdun : nous avons bon espoir.
Le 17, c’est encore devant la TSF, que le Maréchal nous annonce à regrets qu’il faut cesser le combat.
Le 18 Juin, hourra : c’est mon anniversaire et en cet heureux événement, papa n’est pas parti à la pêche. Non pas en mon honneur, mais pour se plier à la nouvelle réglementation Allemande, relative aux flux des petites embarcations. Aussi, s’est il mis un peu plus tôt devant le poste, et c’est distraitement, presque nonchalamment, en ouvrant une bouteille, que nous entendons maman allumer la TSF et chercher la meilleure fréquence. En effet, depuis quelques jours, on ne capte plus qu’un infâme brouillage qui devient plus strident à mesure que l’on tente d’augmenter le volume du poste….

De guerre lasse, maman va tourner le bouton, quand son attention se porte sur de la réclame : il s’agit de la banane Française, et du savon « LUX », qui, selon le speaker, est le meilleur moyen d’éviter l’asphyxie cutanée…. en fait, ces quelques réclames françaises sont dites à l’initiative de Patrick Smith, vedette radiophonique de la BBC ! Celui-ci, a obtenu le droit de citation de réclames Françaises, afin de mieux capter les auditeurs des zones occupées…

Ici Londres… dit soudain une voix…des français parlent aux français….
- « Ne quittez pas l’écoute….. - « Vous allez entendre un message du général De Gaulle….

- « Moi, général De Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et soldats Français, qui se trouvent en terre britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec ou sans leurs armes, j’invite les ouvriers, les ingénieurs, et tous les français en age de se battre, à se mettre en rapport avec moi.
- « Demain, comme aujourd’hui je vous parlerai à la radio de Londres….. »

Comment pourrais-je, malgré toutes ces années, oublier cette voix, oublier ces paroles… Oublier, non seulement la force de ce message, mais ce qu’il a eu comme résonance dans mon esprit.

Les frugales festivités liées à mon anniversaire sont maintenant achevées. Je suis à présent dans ma chambre. En bas, mes parents vaquent à des occupations ordinaires, réduites à leur plus strict minimum du fait de notre statut de secteur occupé . D’un seul coup, j’ai envers mes parents, un sentiment de critique sévère. Je me désole de leur manque de réaction en égard au message fort de cet inconnu, dont j’aimerai soudain qu’il soit de notre famille, moi qui d’une certaine manière n’en ai pas tout à fait une.

C’est décidé : je partirai dimanche ! J’ai d’abord pensé à mettre dans la confidence un ami bien senti, le petit fils de Monsieur Ménavel, avec lequel papa m’emmène parfois à la pêche.
Mais, non, j’ai bien trop peur qu’il ne me dénonce, d’autant que tout s’est affirmé en même temps dans mon esprit de folie : je vais prendre un bateau… le bateau de Ménavel, avec lequel papa va à la pêche.

Pas une seconde, je ne pense aux conséquences matérielles, émotionnelles et dramatiques, qui peuvent découler de ma décision, puisqu’à cet instant, je suis déjà en Angleterre…

Nous sommes le mardi 18 juin 1940, je partirai samedi soir….ainsi, du moins je l’espère, on ne découvrira mon forfait que lundi matin….Dans mon esprit infantile et naïf, j’ai la ferme
conviction que je pourrais même demander au général, de faire prévenir mes parents de l’emprunt, somme toute provisoire, du chalutier subtilisé !

Car je n’ai aucun doute sur la faisabilité de mon plan : tant et si bien que je ne me donne pas le mal de cogiter les détails afférents à mon départ, puisque dans mon esprit, je suis déjà arrivé !
Mercredi, jeudi, vendredi, samedi…je ne peux prévenir personne, de cela je suis sûr…
J’ai renoncé à remettre une lettre à Monsieur le curé de peur qu’il ne me trahisse…

Enfin, tout le monde dort à la Musardière…tout le monde, sauf moi ! D’un geste souple, j’ entr’ouvre la fenêtre, tire sur la petite ficelle que j’ai préalablement cachée sous le rebord de la gouttière…. Un gros hameçon réformé est fixé à une extrémité de la pelote…doucement, je la fais descendre jusqu’à terre, où se trouve l’échelle que j’ai déposée contre le mur de la maison….C’est sans bruit, dans la terre meuble et grasse, que celle-ci remonte jusqu’à moi… Presque trop facile…mon havresac sur le dos, je glisse un à un sur les barreaux jusque par terre, et aidé en cela par l’absence de la lune, je m’enfonce dans la douceur de la nuit.

à suivre ...

mercredi 18 juin 2008

18 Juin 1940 : Naissance d'une radio libre .4.

Rue traversière, je passe par le déversoir, qui permet aux eaux usées de la colline, de se vider dans le port, tout près du bateau de Monsieur Ménavel. Je me glisse sans bruit à l’intérieur de
ce boyau : et là, premier coup du sort : c’est un autre bateau qui occupe la place ! Je me hisse à bord sans hésiter, tout en sachant qu’il me sera impossible de le mettre en route car je ne connais que les commandes du bateau qu’utilise mon père, et encore, pas toutes !

Qu’importe, en grimpant à bord, je pense déjà passer d’un bateau à l’autre, chose d’autant plus facile, que nous sommes pour quelques temps encore à marée basse, mais plus pour longtemps :
déjà, l’eau monte entre les bateaux, et alors que je profite du flanc incliné du bateau pour monter à bord, soudain le navire se redresse et manque de me projeter du haut du bastingage.
Je n’ai que le temps d’inverser la tendance en me culbutant vers l’intérieur, lorsque l’étrave gîte brusquement pour s’immobiliser enfin…

Plus qu’une heure et demie à attendre à l’intérieur que la marée achève son œuvre, et alors, je devrais actionner les démarreurs et quitter le port à toute vapeur, en pleine nuit et sous les yeux de la sentinelle qui garde le port ! Je ne crains pas ses réactions, tant la volonté de partir me rend aveugle au danger, mais c’est surtout le bruit provoqué par la mise en route des bruyants diesels qui m’angoisse …. Tant et si bien que je me recroqueville dans un coin de la cabine, cherchant un peu de chaleur dans ce bateau si froid, que je ne tarde pas à m’assoupir… et suis réveillé…par les miaulements du chat du bord, que je chasse sans ménagements, mais en vain de la cabine de pilotage…soit : il sera du voyage !

A dieu va.. comme l’on dit au pays, et c’est sans états d’âme avec la force des inconscients, que je me glisse à l’extérieur, afin de larguer l’unique amarre qui me relie à la jetée.
Revenu sans trop de bruits en cabine, c’est d’une main ferme, que je mets les moteurs en marche. Manœuvre délicate que je ne réussis qu’à moitié puisque seul l’un d’eux consent à démarrer, l’autre demeurant muet.

Kenavo…. ! Comme disaient les Petites Sœurs ! je tiens bon la barre et ai passé le commutateur sur la position avant….lentement, beaucoup plus que je ne l’aurai souhaité, mais assez pour avancer, le navire se met en marche, et je ne peux, pour l’instant, aller en salle des machines tenter de faire fonctionner le second moteur qui reste désespérément muet.

Trop occupé que je suis, non seulement par le cap à tenir pour sortir du port , mais aussi et surtout par la sentinelle que je ne vais pas manquer de croiser lors de mon passage à la pointe du phare !

Il fait nuit noire, et je n’ai allumé aucun des feux de position du navire, car bien que j’en connaisse parfaitement la mise en action, il est vital que je demeure dans l’obscurité la plus absolue… pendant ce temps qui me semble éperdument long, le bateau avance toujours….

La sentinelle avance vers le quai, mais sans aucune animosité révélée…
Soudain, catastrophe:
Elle se met à courir, et fait un signe en direction du mât ....: Les feux !
Il tente de me faire signe de l’oubli des feux…! En un éclair je réalise la situation : le bateau de papa et de Monsieur Ménavel bénéficie des autorisations Allemandes : la sentinelle, bien qu’étonnée d’un départ le dimanche, ne cherche visiblement pas à donner l’alerte, puisqu’elle connaît ce bateau et ne peut m’apercevoir à l’intérieur…Simplement, ce soldat me fais signe de l’oubli de mes feux !

Fébrilement, en situation de quasi-panique, je les actionne : mâts et arrière, et donne un bref coup de sirène, comme j’ai tant vu mon père le faire en guise de salut . La sentinelle quitte le
bout de la jetée en hochant la tête….
– ach, ces Français- doit il penser …

Ca y est, je suis en pleine mer… j’attache la barre comme il se doit, et je me hâte en salle des machines, où je me livre à une opération simple et vue tant de fois : éloigner les fils de bougies de quelques millimètres de leurs boggies, afin d’obtenir une étincelle plus importante…une fois revenu en cabine : Contact….moteur…Ouiii ça marche…me voici bientôt à toute vapeur !
Et cap toujours tout droit……Alors seulement, je me retourne en arrière, et une dernière fois
avant longtemps, je fixe les côtes de mon pays, et je pleure.

Le 6 juin 1944, soit un peu moins de quatre ans, jour pour jour après son départ pour l’Angleterre, le jeune Dominique Boissard débarquait sur la plage de Juno beach, plus connu sous le nom de Courseulles sur mer, avec le gros de la 5e division blindée Américaine.
Sa colonne, placée sous les ordres du Maréchal Leclerc, marqua l’une des plus glorieuse pages de l’Histoire de France, sous le nom de 2e DB.

- " Après la libération de Paris, je fus présenté au jeune Maréchal, auquel je pus compter mon histoire. Sur proposition de ce dernier, je fus nommé sous-préfet du Calvados, détaché aux questions maritimes, et c’est dans une voiture aux couleurs de l’armée Française que j’ai regagné Courseulles au printemps 1945…" fin.


Christophe de Cagny











Ce texte est protégé par les lois afférentes aux droits des auteurs et ne peut être reproduit et diffusé à l’aide de quelque support que ce soit sans l’autorisation expresse et préalable de son auteur.

mardi 17 juin 2008

Le Cheminot - chap I -

- « Peut- être lisez-vous les gazettes, et dans ce cas, vous rappelez vous ce drame afférent au chavirage d’un bac sur la Loire en Novembre dernier ?
- « Eh bien figurez-vous que j’étais commis d’office pour siéger au sein de la commission d’enquête en charge de faire la lumière sur ce drame.
D’abord, vous me savez réfractaire à ces mouvements de groupe, desquels mon éducation par trop cléricale, m’a longtemps tenu éloigné.

« - Mais que diable vous fais-je perdre votre temps en bavardages alors que je tiens avant tout à vous conter un événement tellement étrange qu’après tant et tant d’années passées à me demander si cette nuit là, ce n’est pas l’envoyé de, qui ….. »

- « Mais je parle, parle et ne vous conte point !
Or, chemin faisant, et parti de Mirosmesnil où je résidais depuis quelques temps, j'avais fait mien un vieux fiacre, et son rustique cocher tous deux prêtés par une belle amie dévouée peut être davantage que ce qui est souhaitable, mais qui, approchant de la septième année de son veuvage, tentait de s’attacher ma modeste personne par ses petits prêts qui n’ont somme toute de précieux, que l’avantage de vous contraindre à revenir les restituer.

Ainsi fût il de ce fiacre dans lequel je voyageais à destination d’Angers, où devait siéger la commission.

Une bien mauvaise grippe m’avait retenue quelques jours plus tôt et je me remettais difficilement .
- Vous avouerais-je qu’ayant moi-même passé l’âge des boutons depuis
long temps, je ressentais davantage de mal à me remettre de mes maux qu’autrefois…
Et c’est bien mal en point , au vrai dire, que je me recroquevillais contre la fenêtre et tentait de prendre , au moyen de petites inspirations , quelques bouffées d’air humide , qui retenues dans ma bouche, pour mieux l’en réchauffer avant de laisser descendre dans mes poumons, cette fraîcheur si bienvenue.

Quand soudain, au détour d’un bois, j’ aperçus sur le bord de la route, un homme dont le visage blafard, me fît reculer d’un bond tant son aspect premier pouvait paraître effrayant.
C’était un maigre cheminot tout de noir vêtu, un long bâton gris à la main.
Levant l’autre bras dans ma direction, il me fît signe de venir à lui, avec un méchant sourire au coin des lèvres, et des yeux venimeux, comme dans les mauvais rèves .

Au même moment, le fiacre fît un écart, comme contrarié dans sa course par la présence en ces lieux, de ce lugubre étranger.
Je l’imaginais chemin faisant, et me mît sans plus penser à lui, aux difficultés des voyageurs peu aisés devant parcourir à pieds de longues distances.

Je regardais machinalement ma montre, à l’instar des gens qui n’ont pas de compagnie à qui parler et n’ayant pas autre chose à faire : il était vingt heures passées et il allait falloir cheminer toute la nuit.

Enfin, nous atteignîmes le relais de poste, où tandis qu’une belle petite bonne s’occupait de nourrir les chevaux, le palefrenier discutait ferme avec mon cocher .
Je n’osais les interrompre afin de leur parler du cheminot. Une fois dans l’auberge, c’est confortablement attablé que je retrouvais ma petite bonne.
Elle s’appelait Ninon, et je pensais déjà qu’elle avait toutes les dispositions requises pour bien s’occuper avec les voyageurs.

Le maître des postes me tira soudainement de ma rêverie : une lettre destinée à la famille de Maupassant, m’avait été envoyée de Mirosmesnil et je la décachetais rapidement :
La missive émanait de ma bienfaitrice et présentait à ma famille ses condoléances suite à ma disparition !

Une fois un gobelet de vin de Loire avalé, je repris mes sens : et je lu:
« - Que vous dire mes bons amis suite à la disparition de Guy lors d’une mission sur les bords de la Loire ….
Suivait une longue mais digne diatribe quand à la conduite de ma vie passée, et surtout, la date de ma prétendue mort : ce même jour à minuit ! ! !

Je saisis avec tant de vigueur le bras de la belle Ninon, que celle-ci cru que tant d’empressement lui vaudrait sans nul doute ma visite à la nuit tombée,
Lorsqu’enfin je hurlais :
- « que l’on selle les chevaux, je pars sans plus tarder.
L’instant d’après, je m’enquis de savoir de quelle manière cette farce d’un goût douteux avait pu m’atteindre, quand le maître des postes me prît par le bras...

à suivre...

lundi 16 juin 2008

Le Cheminot - chap II -

Comme l’on fait de coutume, lorsque l’on souhaite ménager un hôte de marque, afin de davantage pouvoir lui parler à souhait.

La nuit avait à présent laissé tomber son nocturne aspect à travers le paysage et donnait au décor un côté funèbre, transformant le maître du relais en une espèce de maître des cérémonies, ce fût toutefois l’impression qui me vint à l’esprit.

- « Mon sieur, me dit il, avec l’accent et les manières d’autrefois, j’ose vous faire la promesse que le misérable qui m’a apporté ce courrier n’avait de misère que l’aspect : c’était un cheminot, tout de noir vêtu avec un méchant bâton gris à la main, et l’air d’avoir la mort à ses chausses….

C’était Lui ! Dès cet instant, j’en étais sûr ! Qui était il ?

Les chevaux s’ébrouèrent et se mirent à la cadence. J’avais chemin faisant, lu et relu cette étrange missive et trop de détails sur ma vie et mon œuvre me faisaient comprendre peu à peu qu’il ne pouvait s’agir d’un mauvais tour, mais
d’autre chose….
Et d’autre part, comment ce bougre avait il pu me précéder à pieds, alors que j’avais fait chevaucher tambour battant ?
Ayant lu Pascal, durant les longues et interminables nuits passées près de ma mère à Mirosmesnil, c’est en cartésien que je trouvais la réponse:

Un autre fiacre avait dût nous doubler avant notre arrivée au relais, d’autant que j’avais laissé aller mes rèveries sans me préoccuper davantage, de la route, et c’est sans nul doute dans cet autre fiacre que notre mystérieux et macabre cheminot avait pris place ;

Ainsi, je réfléchissais, prenant l’air de la nuit, penché à la fenêtre, lorsqu’aussi soudainement que la première fois, l’immonde silhouette se tint devant le fiacre.

Et à nouveau, dans le lointain, je le vis distinctement, de son bras libre me faire signe de le rejoindre, comme cela s’était produit la toute première fois.
Et le pire, c’est que la course du fiacre, lancé dans sa direction, semblait lui obéir en tout point…

La tête toujours au dehors, j’ordonnais au cocher de stopper .
Dans un fracas épouvantable, où le vent, les hurlements du cocher , se mêlèrent aux hennissements des chevaux, je me ruais au dehors et malgré ma tête déjà à la fenêtre, le froid me gifla le visage, impitoyablement.

Le regard incrédule, mon cocher attendait mes ordres, sans mots dire.
La lune, provisoirement masquée par quelque nuage, m’interdisait de voir au delà de la ligne des chevaux.

Mais déjà, je savais que Lui, là-bas, pouvait nous voir…Il nous voyait.

Alors que seul le vent faisait gémir la nuit, je m’approchais de la lanterne et regardais ma montre: vingt deux heures et trente minutes …..

Je pris alors la seule décision possible en l’état :
« - Eusèbe, dis-je à mon cocher, je monte auprès de vous.
Et, joignant les gestes à la parole, je pris place à ses côtés sur l’estrade.
Avec toute la réserve qu’il convient aux gens de maison, il se mît en devoir de s’acquitter de sa tâche, sans paraître le moins du monde étonné de la situation de plus en plus étrange à laquelle j’étais confronté.

Je tentais, ayant pris de la hauteur d’apercevoir mon cheminot, mais une légère brume, que je n’avais pas remarquée l’instant d’avant, m’interdit toute vision.
Toutefois, je le savais maintenant, il était là, tout près.

Une chouette hulula brusquement de la forêt désormais toute proche.
A ma gauche, les roseaux s’étaient figés dans leur balancement….
Même le vent s’était tût et je vis à son teint pâle, que le sang de mon cocher s’était glacé dans ses veines….
S’il savait…..

Nous hurlâmes ensemble un « hue-dia » vigoureux, mais même le son de nos voix semblait comme figé dans l’espace.
La lune revint blafarde, éclairer d’une pâle lueur une nuit sombre et d’encre.

La moitié d’une heure venait de s’écouler, quand nous atteignîmes le cœur de la forêt, les chevaux allaient bon train, et je reprenais confiance, lorsque soudain, à la sortie d’une haie de grands chênes, je vis le bras ferme et décharné du macabre cheminot percer la nuit , enveloppé par les brumes revenues, et le teint blafard toujours éclairé par ce maudit rictus et qui, mêlant le geste à une parole que je comprenais parfaitement, malgré qu’elle n’ait jamais été prononcée, me disait : « - viens , viens, viens, ! ! ! ! «

Je voulus hurler de toutes mes forces, mais avant cela, je me tournais vivement vers Eusèbe, et, vît avec horreur, aux traits de son visage, à sa concentration, à son regard fixé tout droit vers les chevaux, qu'il regardait à gauche, alors que l’abominable cheminot noir nous avait croisé par la droite.
J’étais donc, une fois encore, le seul à l’avoir vu.

Je fis à nouveau arrêter notre équipage, et risquais mon regard en arrière :
Seule la brume, étonnement dense dans cette forêt, nous faisait obstacle.
Je mis pied à terre. La présence de la lettre , qu’un instant je relis à la lueur de l’acétylène, était la seule chose prouvant le caractère réelle cette indicible horreur, dans laquelle je me trouvais plongé…

à suivre...

dimanche 15 juin 2008

Le Cheminot - chap III -

Il y était écrit que j’avais été trouvé sans vie, vers la minuit, à bord du fiacre, par la maréchaussée.

Mais une chose cependant me rassurait encore : on ne parlait pas d’Eusèbe ;
Il n’était donc pas un danger pour moi mais un protecteur, aussi, cela additionné au fait que l’on m’avait trouvé à l’intérieur du fiacre, m’avait poussé à demeurer à l’extérieur , et en compagnie de mon fidèle cocher.
Ainsi, pensais-je il ne m’arriverait rien.

J’arrachais vivement ma montre de son gousset : il était maintenant Onze heures trente cinq, ou, si vous préférez, trente cinq minutes avant la minuit.

Nous nous remîmes en route. Les chevaux fumaient et les volutes produites par leurs fluides se mêlaient à la brume en frayant vers le ciel.

Je respirais profondément. J’étais initié à toutes sortes de pratiques, ne croyais ni à Dieu ni à diable, et de fait, rien ni personne ne semblait pouvoir me nuire. Voyez-vous, il me fallait à tout prix relativiser car je prévoyais qu’à force de mauvaises pensées, quelque accident de cœur pouvait me prendre vie et par là-même, donner raison à cette maudite lettre, qui en peu de temps, avait réussit, à empoisonner mes pensées, à défaut de me prendre la vie.

Eusèbe n’ayant pu profiter de la nuit, pour prendre le repos qu’il avait bien mérité, s’endormit.

Vous qui savez bien le respect que j’ai des gens de maison, comprenez que je n’eus pas le courage de le réveiller, et que seul aux rênes, je décidais de continuer la route.

Hélas, le cauchemar allait crescendo : pendant la demi-heure qui suivit, dix fois, vingt fois, je vis le funèbre cheminot tantôt à droite, tantôt à gauche, traînant sa carcasse maudite, à travers le brouillard de la forêt.

Le fourbe ne se cachait plus : et je pouvais désormais voir distinctement son visage décharné , sa maigre silhouette se balancer, comme flottant au gré des vents avec, pour tout langage, cet acharnement à me faire signe , campant ses formes sur son grand bâton gris , tandis que de sa main libre, me faisant signe :

- « Viens, viens, viens ! ! ! ! «

Je finis par en avoir si peur ou bien peut-être n’était-ce que le froid de la nuit, qu’une envie naturelle me vint.
Stoppant les chevaux, et m’armant de courage, je me mis à courir vers l’arbre le plus proche du fiacre, et guettant Eusèbe du coin de l’œil, je fis le plus vite que je pus.

Pendant tout ce temps qui me parût une éternité, je sentis la peur, une indicible peur m’oppresser ou bien n’était-ce que mon corps qui se glaçait…
Toujours est-il que lorsque je me retournais, mû par je ne sais quel pressentiment, vous savez, de ceux qui vous permettent de connaître les quelques instants de ce futur, qui paraît-il n’est pas écrit, et bien moi, je savais…..
Je me retournais à la hâte, et je vis :
Je vis qu’Eusèbe n’était plus là…..
Vite , je retournais à la lueur des lanternes, et, me saisissant de l’une d’elle et m’armant du peu de courage qui me restait, je hurlais :
- « Eusèbe, « et dix fois, cent fois je criais son prénom à travers la forêt, lorsque, je m’arrêtais enfin, époumoné, j’entendis un cri épouvantable comme venu de l’enfer, et puis, comment vous conter l’indicible……

Ce n’était pas un cri, c’etait un hurlement….. aaaaaaaahhhhhhh !
Et puis, plus rien, plus un bruit, une forêt épouvantablement calme, comme pour me dire :
"- Tu vois, tu sens ce qui arrive est enfin là"… bientôt là….

Alors, recroquevillé près des chevaux, je n’eus plus qu’une idée en tête, futile, bien sûr, mais si humaine au fond……
- « Alors, pour sûr, je me mis à fouiller le fond de ma poche pour lire mot à mot ces lignes écrites pour moi : - « notre bon ami Guy nous a quitté à la minuit «

D’un bond, je montai dans le fiacre, la lanterne toujours à la main, lisant toujours, le texte laconique qui disait : - « la maréchaussée l’a retrouvé sans vie à l’intérieur du fiacre"….

d’ici un instant, toute cette horrible peur allait s’effacer, lorsque tout contre moi, un souffle N’y tenant plus , je regardai ma montre, il était la minuit, moins une minute à peine, le souffle court, j’écoutais dans le lointain, pensant à ce maudit cheminot, qui a n’en plus douter, avait perdu la partie, puisquerauque souffla la lanterne, et que dans le même temps j’entendis distinctement celui qui déjà, me posa la main sur l'épaule pendant que je me retournais, dans un ultime acte de courage, afin que s’accomplisse mon destin …..

Dans un silence effrayant alors qu’il me regardait droit dans les yeux, avec le rictus cadavérique que je connaissais maintenant trop bien, ma montre se mit soudain à sonner, m’arrachant un dernier cri, et , lorsque le douzième coup eut sonné la minuit, j’entendis enfin sa voix me murmurer :

- « Bon, nous allons enfin, pouvoir y aller, maintenant" . fin

Christophe de Cagny


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jeudi 12 juin 2008

Autres temps, Autres morts...

C'est une bien étrange caravane qui s'est arrêtée à Lyon...
Pascal Bernardin, producteur d'expositions happening, à cette fois-ci, avec son exposition:
"Our Body", frappé un grand coup et bouleversé dans tous les sens du mot, le petit monde des musées.

Refusée à la Cité des Sciences de Paris, porte de la Villette, par un comité des sages, immédiatement considérés par les uns comme d'immondes censeurs et par les autres, comme des gens bienveillants, c'est à Lyon que s'est finalement arrêtée une exposition exceptionnelle, à tous points de vue.

Nous passerons, si vous le voulez bien, sur les nombreuses polémiques que peut susciter l'exposition de tout ou partie d'un corps humain à la fois nu et mort, pour nous concentrer sur les deux aspects positifs s'il en est, d'un tel évènement:

1) Le caractère exceptionnel et indéniable d'un point de vue anatomique, du procédé de polymérisation tant intérieur qu'extérieur, des corps humains dont l'intérêt, au seul titre de la connaissance , ne peut être démenti.

2) L'extrême précision dans la décomposition des parties de notre corps, donc de nous-mêmes, qui sont présentées, -mises en scène- avec tant de fraîcheur, même si le terme paraît déplacé, qu'on croirait que les sujets livrés à nos regards ont été privés de la vie quelques instants auparavant.

Non, ce qui gêne dans cette affaire, n'est pas le fond, mais la forme, ou plus précisément les formes, et les postures sous lesquelles sont présentés nos frères, puisque, faut il le rappeler, il s'agit de corps humains mis en scène et en situation dans des postures "artistiques" et donc par voie de conséquence, perçues comme outrageantes, amusantes, choquantes, intéressantes, selon la sensibilité des visiteurs et commentateurs qui, bien évidemment n'ont pas tous, on s'en doute, le même avis sur la question....


En attendant, et comme toujours, je ne fais aucun commentaire, et vous laisse libre de vos sentiments sur cette opération : " à corps ouvert" .

Sachez cependant qu'à Lyon, et jusqu'au 3 Août, les cadavres ne portent pas de costards !

Christophe de Cagny

mercredi 11 juin 2008

Prosper portait bien son nom...

Il était une fois Prosper Cohen...
Notre histoire était avant tout celle du hasard: il marchait près d'un lac où je promenais mes enfants.
Nous nous connaissions, mais pas plus que celà.
Le scénario débutta comme dans un film: il me dit :
" - Qu'est-ce que vous faîtes en ce moment "?
Je répondis : " - Pas grand-chose" .
Lui : " - Venez travailler chez moi ".
Moi : " - Quand ?"
Lui : " - Cet après-midi ! "
Et c'est ainsi que je fis réellement connaissance de Prosper Cohen.

En tant que secrétaire général, il me fît pleine et entière confiance rapidement, ce qui n'était pourtant pas dans ses habitudes...
Nous travaillions parfois jour et nuit, mais toujours, avec ces coupures magiques qui nous permettait de continuer de nous ouvrir au monde qui nous entourait...

Discussions interminables qui nous menaient à travers une mutlitude de pays: de l'Egypte des pharaons, au Jerusalem de Nabuchodonosor, mais aussi du mystère des photons fantômes, en passant par la façon dont on capte un pulsar, toute connaissance était pour lui source d'intérêt et d'épanouissement.

En dehors du fait qu'il me fît un jour l'honneur de me confier la rédaction de sa biographie, Il me fît mille et une confidences sur sa vie, que ma déontologie m'interdit de citer ici, même sous forme d'anecdotes.

Il nous quitta définitivement un 4 Janvier au soir, après une crise cardiaque survenue quelques jours plus tôt. Il repose à Eilat, dans l'extrême sud d'Israël.

En dehors d'une vie bien remplie, d'une famille inconsolable, il laisse derrière Lui plusieurs sociétés, dont l'hôtel Astoria, la fameuse Paris Sud Electronique, qui fît des émules connues bien au delà du monde des composants mémoires électroniques.

Comme tout un chacun, il devait avoir ses défauts, mais vous avouerais-je qu'avec l'aide d'un minimum de mauvaise fois, je crains de je jamais avoir pu en déceler un seul !

Et s'il fallait une épitaphe, je dirais que rarement un prénom ne fût choisi par une mère avec autant de clairvoyance.

Christophe de Cagny

lundi 9 juin 2008

En route pour Cuba...

La Havane, 14h30, au nord de la vieille ville, dans cet ancien hôtel des années trente …
Un énorme et vieux ventilateur brasse tranche par tranche un air épais comme du riz trop cuit, un orage sub-tropical a recouvert la ville et d'un seul coup, une détonation formidable a fait taire tous les chants .

Aussitôt, la pluie dont les gouttes ici sont grosses comme des prunes s'est infiltrée partout.... emportant peu a peu jusqu'à l'odeur de la poussière en plein soleil aujourd'hui disparu.

Le claquement formidable de l'eau dans l'air me fait concentrer mon attention sur l'intérieur, tandis que dehors galope un cheval fou, qui cherche son salut à travers la sierra et remonte, l' oeil hagard et vide au travers des collines en direction du nord.

A l'intérieur, le réchaud calme et froid en impose a la pièce et la meuble.
Au mur, dont les bleus froids et finis pareils a des buvards délavés, achèvent de mourir, ornés parfois de petits cadres embués dont les photos mangées et jaunies n'ont a présent pas d'autres but que de cacher les craquelures dont les murs, véritables victimes des outrages du temps, laissent voir sans pudeur leurs plaies les plus profondes.

Au plafond çà et là, des failles, plus ou moins cruelles, font ressembler la peinture ancestrale à une carte des montagnes ou les reliefs seraient les fêlures, et les rivières les chutes de plâtras, où le plancher apparaissant par endroit, forme de véritables lacs dans un océan de peinture a jamais terni par les ans.

Le carrelage, quand à lui, savant mélange de terre rouge et de fragments de carreaux émiettés, conserve toutefois çà et là des blasons et fines spores de mosaïque et d'émaux mêlés, rappelant le faste et la splendeur à jamais évanouis.

Au dehors, alors que les premières ornières achèvent leurs naissance, et que les dernières gouttières crevées et rafistolées à l'aide de pauvres morceaux de rafia, ultimes réparations modernes, dérisoires emplâtres, mais véritables pieds de nez volontaires, regards lucides des hommes sur une époque aujourd'hui disparue.

La pluie n'a pas cessé, que déjà les plus jeunes bambinôs, futurs gun-mens à la solde des faisandêros, singent leurs futurs larcins à l'aide de fusils en bois, fabriqués à l'aide de séparateurs des caisses de partagâs del partagâs, cigares cubains des gringos americanos, dont les dollars amènent toujours moins de bonheur et toujours plus d'ennuis.

A l'intérieur du texaco, où les huiles de mescanèro se mêlent à celle de l'atelier mécanique tout proche, on se demande si les pommes de terres de l'an passé n'ont pas été frites à l'huile de vidange, dans un pays ou l'on peut encore faire, à condition de croire en dieu, 300.000 kilomètres sans vidanger le moteur .

Je me perds a bauder, sans idées ni chimères et me dis en moi-même: - " Mais quel trou !!! "
Le cafard me viendrait aussi sûrement que la vache au taureau, si je n'apercevais dans le lointain, ta robe de tafta virevolter et s'alourdir d’un air humide et moite .

Déjà, ton visage illumine cette ruelle aux atours dont le sordide s'estompe à mesure que grandit ta silhouette, et lorsque passant devant l’embrasure de ma porte tu poses tout doucement ta main au bord de tes lèves, le soleil lui même, tel un pantin tout à ta solde, se remet à briller.




Christophe de Cagny


Ce texte est protégé par les lois afférentes aux droits des auteurs
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dimanche 8 juin 2008

Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse .

Nous voici transporté en l'an de grâce 1789, qui n'est pas encore l'an I de la république, celui-ci n'entrera en vigueur qu'en 1793, le décret ayant -déjà- à cette époque, mis plus de 3 ans entre son approbation et sa publication....

Louis XVI, en montant sur l'échafaud n'a déjà plus toute sa tête, mais demeure un monarque très humain et à l'écoute des autres, et lorsqu'il gravit les quelques marches qui le séparent encore d'un monde que l'on dit meilleur, il prononce à haute voix, à l'adresse de son entourage une phrase inattendue :
"-Avez-vous reçu quelque nouvelle de Monsieur de La Perouse ? "

La question royale demeurera sans réponses pendant près de 220 ans....

Mais osons nous transporter dans le grand bureau du Roy : il fait beau, en ce printemps de 1785, et Louis XVI , aidé de l'Amiral de Casties, et du Chevalier de Fleurieu, étale par devant lui les cartes monumentales ou par endroits, les contours et reliefs côtiers demeurent inconnus.

La mission, bâtie sous des auspices commerciaux mais aussi scientifiques, s'inscrit à l'échelle planétaire, car c'est bien un tour du monde qui est envisagé ce jour là à Versailles : Et l'on décide de faire vite...
En quelques semaines, des marins, des charpentiers, des soldats, des médecins, mais aussi de nombreux scientifiques, entomologistes, archéologues, géologues, minéralogistes, cartographes, sont du voyage . Les navires, de solides bâtiments destinés à porter loin les couleurs de la France, se nomment : l'Astrolabe et la Boussole.
Mais il faut un capitaine éprouvé pour guider tous ces hommes à travers un voyage qui peut durer dix ans et plus....
Cet homme, don le nom hantera Louis le XVIe jusqu'à sa mort: c'est Monsieur de La Perouse.

Pendant plus de 3 ans, l'on eut régulièrement de ses nouvelles, de par les ports, nombreux , où les deux navires firent escale, et puis vers 1788, plus rien ....

Que sont devenus ces 220 aventuriers ? On l'ignora jusqu'au jour où, la technique aidant, on sût même retracer l'époppée héroïque, incroyable et riche en rebondissements de l'expédition La Perouse.

Vous aussi, sans perdre la tête, mettez-vous à la place du Roy et courrez au musée de la marine, palais de Chaillot, place du Trocadéro à Paris car à cet endroit et jusqu'au 20 Octobre, on a retrouvé Monsieur de La Pérouse.

Christophe de Cagny

samedi 7 juin 2008

Les Guerriers de Xi'an

La Pinacothèque de Paris, située juste derrière le célèbre théâtre de la Madeleine, est un lieu d'exposition à l'espace assez exigu....
D'où des expositions de qualité inégales au fil du temps...
Une fois n'est pas coutume, elle nous a réservé depuis le 15 Avril, et jusqu'au 14 Septembre, un cadeau impérial, en l'espèce, puisqu'il s'agit du celèbre empereur Qin...

Il était une fois, dans ce qui est aujourd'hui la vieille ville de Xi'an, un enfant de 13 ans, qui à la mort de son père, se mît à rèver: Il serait l'homme qui unifierait la Chine, en ferait un empire, protégé par un mur si haut, qu'on le verrait depuis la lune...

Ses sujets feraient commerce avec une seule et même monnaie, et au fait de sa gloire, il réaliserait un tombeau aux allures de ville souterraine, où des milliers de soldats, gardiens éternels de la gloire de l'empire, défieraient le temps...

En quelques années, le petit orphelin devint l'empereur Qin, unifia les provinces, imposa une seule et même monnaie, fît bâtir la grande muraille, de sorte qu'elle demeure à ce jour la dernière construction humaine visible à l'oeil nu, lorsque l'on voyage dans l'espace.

Puis il fît construire une ville dans la province du Shaanxi, où il projeta d'être enterré aux côtés d'une armée digne de lui.

Il ne connut jamais - du moins de son vivant - cette ville éternelle, où en 1974, les archéologues découvrirent plus de 7.000 guerriers, fonctionnaires et artistes, habillés, armés et jamais figés pour l'éternité, tel que l'avait imaginé un enfant de 13 ans.....

Tels des émissaires en terre inconnue, une vingtaine de guerriers de Xi'an ont débarqué en terre de France, et vous attendent à la pinacothèque de Paris pour vous conter une histoire vieille de près de 3.000 ans....

Christophe de Cagny




vendredi 6 juin 2008

Du pétrole pour plusieurs siècles !

A l'heure ou le carburant atteint en Europe, des sommets himmalayesques, beaucoup sont persuadés que le pétrole vit ses dernières heures et espèrent voir l'éolien et le solaire, prendre le pas sur le moteur à explosion....

Si l'on oublie qu'une éolienne nécessite la production extrêmement polluante, de 100 tonnes d'acier, nécessaires à son érection, et qu'elle ne produit de l'énergie que 20% du temps, et qu'un panneau solaire, - dont les composants toxiques sont très difficilement recyclables- doit, pour être efficace, occuper 80% de la surface d'un toit pour espérer chauffer d'une manière convenable ce qu'il recouvre, et qu'enfin, une récente statistique prévoit la fabrication future de plus de 500 millions de véhicules automobiles uniquement pour les besoins de la Chine et de l'Inde, l'on se dit que le bon vieux pétrole a encore de beaux jours devant lui!

Alors, me direz-vous, où va t on trouver tout ce pétrole puisque nombre d'experts prévoient l'épuisement des gisements avant 2050?
Eh bien tout d'abord, experts ne veut pas dire savants, et prévision n'est pas toujours synonyme d'exactitude.

Observons un gisement de brut des plus classique:
Au dessus: la terre, en dessous, une croute appelée bitume, faite de pétrole solidifié, puis une terre molle et gorgée d'huile que l'on nomme la gangue, enfin parfois un gaz liquide ou non, puis le brut en lui-même qui s'épuise...

Eh bien figurez vous que deux pays au monde maîtrisent parfaitement une technique assez complexe, qui consiste à liquéfier le bitume et la gangue et d'en tirer un pétrole qualitativement proche du brut, moyennant la mise en place d'un process de liquéfaction breveté pour moitié par des compagnies pétrolières, et pour l'autre moitié, initialement par..... le CNRS !!

Et le plus étonnant dans tout celà, c'est que les premiers brevets concernant le dit process ont été déposés voici près de 30 ans !!!

Le résultat, c'est que tous les gisements épuisés à travers le monde, peuvent, grâce à cette technique, être remis en activité.

Si l'on ajoute à celà les gisements de pétrole découverts en Antartique en 1959 et protégés par un moratoire garantissant - pour le moment- la non-exploitation de ce continent, force est de constater que si l'on pense que les générations futures manquent un peu d'air, elles ne manqueront certainement pas de pétrole !

Christophe de Cagny

jeudi 5 juin 2008

Le réchauffement climatique en questions...

Le réchauffement climatique causé principalement par l'effet de serre, est-il la grande escroquerie du 21e siècle ?
On serait tenté de le croire, si l'on s'en tient à la lecture du bulletin scientifique du sérieux British Antarctic Survey.
Les auteurs portent à notre connaissance, que sous la banquise, un volcan jusqu'alors connu de quelques rares vulcanologues, pourrait avoir repris depuis une cinquantaine d'années, une activité intense.

Notons au passage que le-dit volcan a déjà causé, lors d'une éruption à l'aube de notre ère, un cratère de : 23.000 km2, que sa dernière éruption est considérée par l'ensemble de la communauté scientifique comme étant l'éruption majeure de ces 10.000 dernières années...
Alors ? Pourquoi, me direz-vous, personne n'en a jamais parlé ?
Eh bien peut-être que les crédits octroyés aux scientifiques sont ils plus importants lorsque leurs travaux traitent de l'effet de serre, que les crédits -inexistants- octroyés aux vulcanologues qui tendraient malgré tout à prouver le contraire....
Et les médias, me direz-vous ? Eh bien d'une part, ils s'acomodent fort bien d'un catastrophisme récurrent, qui fait vendre, et d'autre part, il est plus facile de présenter en images de synthèse une vague géante submergeant une grande ville de bord de mer, que de montrer aux gens une réelle éruption sous-marine dans l'obscurité totale, en direct, et à 5.000 mètres de profondeur.
Christophe de Cagny